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Vendre un restaurant : prix réels, licence et étapes

Ce que valent réellement les restaurants, bars et fast-foods vendus d'après le BODACC, ce que l'acheteur regarde, la licence et les formalités.

Par la rédaction d'Entreprise-a-vendre.pro · Mis à jour le 17 octobre 2026

Vendre un restaurant : prix réels, licence et étapes

Vendre un restaurant ne se résume pas à céder un fonds de commerce comme un autre. La licence de boissons, le bail, l'état de la cuisine, les normes d'hygiène et la dépendance au chef pèsent directement sur le prix et sur la rapidité de la vente. La restauration est aussi le secteur qui change le plus souvent de mains : sur les douze derniers mois, plus de 9 000 fonds de restauration et de débits de boissons ont été cédés selon le BODACC. Voici comment s'y préparer, ce que valent réellement les restaurants vendus, et les formalités propres au secteur.

En bref

  • Sur douze mois, le BODACC a publié 4 025 cessions de restaurants traditionnels (prix médian 126 500 €), 3 062 de restauration rapide (67 000 €) et 2 371 de débits de boissons (145 000 €).
  • Rapporté au chiffre d'affaires du vendeur, un restaurant traditionnel se vend autour de 80 % du CA annuel en médiane, un bar autour de 116 %.
  • La licence de boissons suit le fonds, mais l'acquéreur doit déclarer la mutation au moins quinze jours à l'avance et détenir le permis d'exploitation.
  • Le bail commercial fait souvent la valeur : vérifiez sa durée restante, sa destination et la possibilité d'extraction des fumées.

Combien vaut un restaurant ? Les prix réellement payés

Nous avons extrait du BODACC les cessions de fonds de restauration publiées entre octobre 2025 et septembre 2026, classées selon l'activité principale du vendeur.

ActivitéCessions en 12 moisPrix médianMoitié des ventes entre
Restauration traditionnelle4 025126 500 €60 000 – 250 000 €
Restauration rapide3 06267 000 €32 000 – 136 875 €
Débits de boissons (bars, cafés)2 371145 000 €65 000 – 300 000 €
Restauration collective sous contrat (traiteurs)15380 000 €40 000 – 155 000 €

En rapprochant les ventes publiées depuis 2021 du dernier chiffre d'affaires publié par chaque vendeur, on obtient le prix en pourcentage du CA :

ActivitéVentes étudiéesPrix ÷ CA, médianeMoitié des ventes entre
Restauration traditionnelle58180 %47 – 142 %
Restauration rapide30963 %30 – 116 %
Débits de boissons265116 %65 – 189 %

Source : annonces BODACC de cessions de fonds, chiffre d'affaires des vendeurs d'après leurs comptes annuels publiés ; calcul Entreprise-a-vendre.pro, octobre 2026. Le CA du vendeur peut couvrir plusieurs établissements : le rapport est alors sous-estimé.

Les bars se vendent plus cher rapporté à leur chiffre d'affaires que les restaurants : la marge sur les boissons est élevée, et la licence de quatrième catégorie, dont le nombre est limité, a une valeur propre. À l'inverse, la restauration rapide, plus concurrentielle et souvent installée dans des locaux moins coûteux, se vend à un pourcentage plus bas. Pour passer de ces moyennes au prix de votre affaire, une valorisation de restaurant à partir de vos comptes croise les méthodes par la rentabilité et par comparaison.

Préparer la vente : ce que l'acheteur va regarder

  • Le chiffre d'affaires déclaré : un acheteur et sa banque ne valorisent que le chiffre d'affaires qui figure en comptabilité. Des comptes propres sur trois exercices sont la première condition d'une vente au bon prix.
  • Le ratio de coût matière et de masse salariale : ce sont les deux postes qui font la rentabilité d'un restaurant ; préparez-en le détail.
  • Le bail : durée restante, loyer, destination (autorisant la restauration et, le cas échéant, la vente d'alcool), possibilité d'extraction des fumées, terrasse et son autorisation d'occupation du domaine public.
  • Le matériel : inventaire de la cuisine, âge des équipements, contrats de maintenance, et ce qui appartient vraiment au fonds (le matériel en location ou en crédit-bail ne se vend pas).
  • Les normes : derniers contrôles d'hygiène, conformité de l'accessibilité et de la sécurité incendie. Un rapport défavorable non traité fait chuter le prix.
  • L'équipe : les contrats de travail sont transférés à l'acquéreur avec le fonds. Un chef ou un responsable de salle qui reste est un argument de vente.

La licence de boissons et le permis d'exploitation

La licence fait partie des éléments du fonds et se cède avec lui. Le changement d'exploitant n'est pas pour autant automatique :

  • toute mutation dans la personne du propriétaire ou du gérant d'un débit de boissons à consommer sur place doit être déclarée au moins quinze jours à l'avance, par écrit, à la mairie (à Paris, à la préfecture de police), dans les mêmes formes qu'une ouverture (article L. 3332-4 du code de la santé publique) ;
  • la déclaration doit être accompagnée du permis d'exploitation, qui atteste que le nouvel exploitant a suivi la formation obligatoire ; celle-ci est exigée pour les licences de troisième et quatrième catégories comme pour la « petite licence restaurant » et la « licence restaurant » (articles L. 3332-1-1 et L. 3332-3).

Anticipez ce calendrier dans l'acte de cession : l'acquéreur doit avoir suivi la formation avant la date prévue pour la reprise. Pour le détail des catégories de licences, consultez le guide de la licence 4.

Trouver un acquéreur

Les acquéreurs de restaurants sont souvent des professionnels du secteur (un restaurateur qui ouvre un second établissement, un salarié qui se met à son compte) ou des reconversions. Une annonce anonyme évite d'inquiéter l'équipe et les clients : indiquez le type de cuisine, le nombre de couverts, la surface, la terrasse, la licence, le chiffre d'affaires et le loyer, sans le nom ni l'adresse.

Soyez prêt à montrer, après engagement de confidentialité, les trois derniers bilans, le bail, l'inventaire du matériel, les contrats en cours et les derniers rapports de contrôle.

Les formalités de la cession

Elles sont celles de toute cession de fonds de commerce :

  • information préalable des salariés, au plus tard un mois avant la vente dans les entreprises de moins de 50 salariés environ ;
  • acte de cession avec prix ventilé entre éléments incorporels, matériel et stock ;
  • publicité dans la quinzaine sur un support d'annonces légales et au BODACC, puis délai de dix jours pour les oppositions des créanciers ;
  • droits d'enregistrement, en principe à la charge de l'acquéreur : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % jusqu'à 200 000 €, 5 % au-delà.

Questions fréquentes

Combien se vend un restaurant en pourcentage du chiffre d'affaires ?

D'après les cessions publiées au BODACC depuis 2021, rapprochées du chiffre d'affaires des vendeurs, la médiane est d'environ 80 % du chiffre d'affaires annuel pour la restauration traditionnelle, 63 % pour la restauration rapide et 116 % pour les débits de boissons, avec de larges écarts selon la rentabilité et l'emplacement.

Quel est le prix moyen d'un restaurant vendu en France ?

Sur les douze derniers mois, le prix médian des fonds de restauration traditionnelle publiés au BODACC est de 126 500 €, et la moitié des ventes se situe entre 60 000 € et 250 000 €.

La licence IV est-elle vendue avec le restaurant ?

Oui, la licence fait partie des éléments du fonds et se cède avec lui. Le nouvel exploitant doit déclarer la mutation au moins quinze jours à l'avance en mairie (ou à la préfecture de police à Paris) et détenir le permis d'exploitation.

Les salariés du restaurant sont-ils repris par l'acquéreur ?

Oui. En cas de cession du fonds, les contrats de travail en cours sont transférés à l'acquéreur, qui devient l'employeur.

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